samedi 25 août 2007
MARGUERITE
Reine au coeur d'or
L'or de l'oeuf du paradisier
Ou du colibri buvant la rosée
Perles de rubis
Dans l'oeil de la queue du paon
Roue frémissante du paon de fortune
Et l'arc en ciel reflétant les eaux du lac
Iris tout de voiles et de gazes habillée
Déshabillée
Plus que nue
Sinueuse
Allongée tout à coup
Demoiselle nacrée
Rencontrée vibrante
Volant
D'amour encore enchaînée
Sur les ors répandus des colzas
Incroyable manteau de roi couronné
Chevelure de Marguerite-reine
Coeur d'or plus que vrai
Et ces yeux où passent des poissons chinois
Des papillons guyannais
En des plis de bannières déroulées
Des conquérants du Krach des Chevaliers
Marguerite-reine
Au hennin tuyauté de mousseline
De khôl les yeux de violine
Buvant au hanap ciselé
L'hydromel de l'Hymette déversé
Marguerite-reine
Reine étranglée
Aux marches du palais coquelicot
Reine foulée aux pieds par les chevaux de Picasso
Guernica brisant le vase
Les eaux déversées en flaques irisées
Arrondies en roue de fortune
Queues de paons étalées
A la volée du destin
Dans l'oeil de la roue du paon le paradisier
Et le colibri buvant la perle de rosée ...
Libellés :
roue dupaon le paradisier
LA CHOUETTE
Au rond-point de gravier délavé
Tourne l'arbre marchant
Au pas crissant du temps
Sous la sombre allée des cyprès
Impassibles passants défilant
Écoutez cette chouette clouée
Au battant de mon coeur
Les rémiges se crispent
Aux taches séchées
Le regard étonné
Ne peut plus s'allumer
Au battant de mon coeur
S'éteint étranger
Le cri interdit
De l'oiseau crucifié.
BORDEAUX
Quelle est donc cette ville vide
Ville de notaires
Ville à vendre
Pas de portes
Et l'église des Carmes déchaux
Ville qui tourne le dos
Se ferme entre ses murs
Se clôt derrière ses mots
On la dit née du fleuve
On n'y peut jamais tremper la main dans l'eau
Mémoire du lotus
Parti à la dérive
Îles en escale
Au bout du cours du Chapeau Rouge
Place de la Comédie
Images en miroir
Îles de mémoire
Il est interdit de marcher sur les pelouses
Sous peine de poursuites
Ah ! Je veux qu'on me poursuive
Autour des magnolias ...
L'AMITIÉ (à Robert Audoin)
L'amitié des peupliers
De Chalonnes à Angers
Les ponts saute-moutons
Façades de beurre frais
Et les ardoises bleues
L'amitié des doigts de la vigne en sarments
Paumes creuses au flanc du coteau
Ruisseaux
Pupilles au plus ardent des courants
Au détour d'un chemin
Le clocher perce le pré
Il dresse son coq
Plus haut
A mesure de l'approche
Ton chien
Les noms de tes poètes et leurs voix
Cette terre
Cette eau
Et les filets qui s'y cachent
Bourgueil
Quart de chaume
Le château du roi René
Notre-Dame-de-Béhuard au péril de la Loire
Je me suis senti bien
Ami
Chez toi
Même si
Comme les anguilles de tes nasses
Je rêve souvent encore
vendredi 24 août 2007
LES ADIEUX
Un sommier métallique
En bon état
Un manteau prune
À capuchon
Une chaise
À rempailler
Je vends
Ma paille et mon bois
Mon armoire en cerisier
Et mes skis de fond
Deux roues usagées
Un stérilisateur
Je vends à l'unité
Ou bien par lots de dix
Mes cages à lapins
Pour inscrits maritimes
Trois raquettes de ping pong
Dont une neuve
Un accordéon
À quatre feux
Jamais servi
Une porte de voiture
Servi six mois
Un moteur
Un bidet
Une veste bleue de lapin angora
Je vends ma guitare à bain d'huile
Mon caniche abricot très peu porté
J'abandonne
Pour cause de double emploi
Un artisan plombier certifié
J'achète pour amitié
Et plus
Si parfaite entente
Un grand bateau
Blanc.
ÉCRIT SUR LA CENDRE
Désirs brûlants
Bleus
Les violons chanteront
Mes désirs écorchés
Combien d'élans
Pour un poème
D'espoirs brisés
Combien de peines
Bonjour dit-elle
Je suis heureuse
De vous revoir
Désirs brûlés
Bleus
Les violons pleureront
Mes désirs écorchés
Pour un poème
Sais-tu combien
D'élans brisés
Combien de peines
Coeur pantelant
Battant
Battant
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